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Patrimoine Civil

La Belle Epoque des Villas mosanes   (Texte de H. ETIENNE)

La ligne Namur - Dinant fut inaugurée officiellement le 10 octobre 1862 pour le trafic des voyageurs. En ces temps héroïques, le trajet de 28 km entre les deux cités mosanes prenait encore une heure, malgré un profil " facile " au fil de l'eau, à cause de la puissance très modeste des locomotives à vapeur de l'époque.

A la charnière du 19-20 ème siècle, dans son contexte économique, social et culturel, la Haute-Meuse s’est imposée dans une certaine bourgeoisie comme un lieu de villégiature.

On relève la redécouverte par maints artistes, du paysage, du fleuve et des reliefs mosans (voir notamment la célèbre colonie d’artiste d’Anseremme avec Félicien Rops), la vogue médicale du "grand air" favorisant l’éclosion de sanatorium, villas et hôtels ou encore la politique de Léopold II tendant à stimuler le rôle de la région de Dinant en matière de villégiature (casino, loisirs de plaisance)

Appelés chalets, cottage selon les terminologies de l'époque, ces constructions possèdent une fonction symbolique évidente. Certains propriétaires aux choisissent l'appelIation "château ".

Certaines villas furent l'objet d'une occupation saisonnière. De nombreuses familles bourgeoises n'y résident que temporairement, pendant la période estivale parfois même jusqu'à l'automne, au temps des récoltes et des premières chasses.

Ils regagnaient la ville et leurs affaires aux portes des saisons froides.

Quel mode de vie impliquent-t-elles? A quels loisirs s'adonnent ces populations aisées? Les possibilités de randonnées, libres ou organisées, à la découverte du patrimoine monumental et naturel émoustillent les curiosités. La promenade s'érige en art de vivre. Le tennis, un sport venus d'outre-Manche, commence à faire ses premiers adeptes chez les nantis. Les courts ne sont pas encore légion, cependant quelques parcs privés disposent d'une telle infrastructure. Le cyclisme, connaît un engouement particulier. Au début du XXème siècle les premières autos apparaissent et, en corollaire, les premiers rallyes. Plus paisible, la pèche à de nombreux partisans. Les estivants apprécient les plaisirs nautiques, les bains et le canotage. De nombreuses familles possèdent un canot que l'on se plaît à baptiser. Les canots de courses par le coût de leur gréement et de leur entretien attirent essentiellement les jeunes nantis.

La vie dans l'intimité est une part importante du plaisir; on y fait étalage de son confort à des amis choisis, ou l'on y jouit en famille de la splendeur des jardins ou de l'ombre bienvenue d'une terrasse ombragée. Monsieur, parfois madame, ne dédaignent pas à l'occasion prendre les gants du jardinier. Quand ces joies simples lassent, il reste à goûter à d'autres plaisirs plus citadins tels les jeux, ou les soirées mondaines un grand restaurant dinantais.

Le décor et les formes: L’observation architecturale des villas mosanes conduit à une première constatation : l’inspiration des styles locaux traditionnels. Fenêtres à croisée ou à meneau, colombage, haute bâtière ou pavillon, tourelle d’angle emblématique, toutes les formes rappellent les siècles antérieurs. S’il fallait, d’un mot, définir le style des villas, ce serait sans conteste " néo-traditionnel ". C’est pourquoi l’Art Nouveau, par exemple, qui fleurit à la fin du 19ème siècle et au début du 20èmesiècle, n’a guère sa place dans ces constructions. Horta lui-même, fer de lance du courant et auteur de huit maisons de campagne en Belgique, l’a laissé en veilleuse dans leur conception, puisque l’effervescence décorative urbaine n’est pas de mise ici.

Naturellement, les matériaux sont à l’avenant, issus du sous-sol ou du sol régional : la brique, le calcaire ou le grès, l’ardoise, le bois. Les matériaux nouveaux, comme le métal, n’entrent que rarement dans la composition et les matériaux nobles, tel le marbre, se font discrets.

Mais une recherche décorative existe bel et bien, notamment par l’usage de la couleur, qui joue un rôle extrêmement important. Tout est coloré, jusqu’aux tuiles qui peuvent être vertes ou jaunes. Les murs de briques sont très souvent peints, quand ils n’alignent pas des bandeaux de teintes différentes ou des panneaux et des damiers. Si les façades sont élevées en moellons, elles alternent volontiers le grès et le calcaire, dans cette même quête de couleur. Quant aux boiseries, très présentes dans les balcons, les galeries ou les rives des toits, elles sont également peintes, jamais vernies ni " au naturel ".

Le décor naît du traitement appliqué aux matériaux, de leur mise en œuvre ou encore de leur alternance et de leur coloris. Les décors appliqués, eux, ne sont pas courants. Pas de sgraffites mais, à l’occasion, un cadran solaire ou le nom de la villa dans un panneau de céramique, et cela reste l’exception.

Le plan des bâtisses est souvent quadrangulaire, voire carré ; il exclut pour ainsi dire le L et a fortiori le U. Une tour coiffée d’un haut pavillon se greffe à un angle. Sur des caves hautes, presque hors sol, deux niveaux utiles se superposent sous la toiture, la plupart du temps percée de multiples lucarnes. La vue étant privilégiée, et non l’orientation ou l’exposition au soleil, comme on le constate aujourd’hui, de nombreuses terrasses, des balcons et des bow-windows s’ouvrent de tous les côtés.